Actuellement, un large débat gravite autour de la consommation du gluten et il génère des réactions divergentes. Certaines personnes soutiennent son usage, d’autres le rejettent. Mais au-delà des jugements individuels – souvent contrastés et parfois animés d’expériences personnelles (un sportif raconte spontanément qu’il se prépare differemment selon sa tolérance alimentaire) – on remarque que la recherche scientifique fait référence. Les études publiées dans des supports reconnus, telles que le Journal Medicine & Science in Sports & Exercise, éclairent ce débat avec un regard objectif. À ce sujet, des scientifiques de l’Université de Tasmanie ont mené une analyse sur les effets d’un régime alimentaire sans gluten sur le rendement des cyclistes.
Sommaire
Le gluten et la performance sportive
Le gluten influe-t-il réellement sur les capacités sportives ? Cette question divise ; beaucoup d’athlètes restent persuadés qu’un régime sans gluten améliore leur rendement. D’après une enquête menée par ces mêmes chercheurs en 2014, les résultats interpellent : selon l’étude, près de entre 35 et 40% des sportifs, sur un échantillon conséquent de 910 athlètes, ont déclaré avoir adopté une alimentation sans gluten. Ce type de régime est observé parfois pendant l’ensemble de leur saison ou ponctuellement lors de phases spécifiques (un triathlète racontait qu’il modifiait son alimentation juste avant les tournois pour prévenir les troubles digestifs). Autre point intéressant : au sein des participants, on trouvait 18 champions du monde ainsi que des médaillés olympiques. Quelques-uns suivaient cette discipline simplement sur de courtes périodes, par exemple avant une grande épreuve. On constate souvent que leur principal objectif était de limiter les inconforts gastro-intestinaux durant la performance sportive. Ajoutons que dans ce groupe de athlètes, il n’y avait personne souffrant de maladie coeliaque, ni de réelle sensibilité propre aux produits contenant du gluten. Un nutritionniste sportif rapportait récemment que l’adoption du sans gluten est d’abord une démarche préventive chez la majorité des pratiquants, et non un impératif médical systématique. Vous vous demandez si les effets sont vraiment perceptibles ? Les témoignages à ce sujet se multiplient sur les forums, mais le consensus reste nuancé.
Déroulement de l’étude
De façon méthodique, cette étude a été conduite en double-aveugle, avec une organisation stricte du suivi alimentaire. Pendant une poignée de jours, les chercheurs ont analysé l’influence d’un régime alimentaire – avec ou sans gluten – sur différents paramètres chez des sportifs aguerris. Un expert australien précisait que le protocole de test est réputé pour sa fiabilité dans le monde de la recherche sur la nutrition sportive.
Les participants ont été soumis à une séance de vélo d’environ 45 minutes à 70% du VO2 max, suivie d’un segment supplémentaire d’une quinzaine de minutes environ. Tout au long de l’expérimentation, différents symptômes et marqueurs étaient évalués : le ressenti digestif pendant l’effort, juste après et tout au long de la journée. C’est aussi pourquoi les scientifiques ont établi une batterie de questions pour mesurer les effets du stress quotidien. Pour finir, les athlètes ont fourni des échantillons sanguins destinés à étudier les marqueurs de perméabilité intestinale et d’inflammation. Ce type de test demande un engagement conséquent, ce que certains sportifs relatent comme une expérience remarquable dans leur parcours.
Pour garantir l’authenticité de l’alimentation, les 13 cyclistes bénéficiaient d’un approvisionnement complet, fourni par une entreprise spécialisée dans les repas sans gluten. On remarque que la seule différence entre chaque phase de l’étude reposait sur la consommation de barres énergétiques : celles-ci contenaient du gluten ou des protéines issues du lait en quantité minime, sans que les participants le sachent réellement. Ils consommaient deux barres par jour, représentant 16 g de gluten ou absence totale selon le protocole. La technique de croisement utilisée leur imposait une alternance hebdomadaire entre les deux régimes. Ce procédé était appliqué de manière aléatoire – avec une période de transition de 10 jours pour éviter tout effet de persistance entre les deux modes d’hygiène alimentaire. Un formateur en sport d’endurance racontait que certains cyclistes lui faisaient part de leur vigilance sur la qualité des produits testés, gage d’une expérience sérieuse. Qui n’a jamais hésité à changer de routine pour maximiser ses chances ?
Bilan de l’étude
À l’issue de tous ces tests, les résultats sont sans appel : aucune différence notable n’a été constatée sur la totalité des paramètres analysés. Que ce soit sur les performances sportives, le confort digestif ou les indicateurs biologiques, le régime sans gluten n’a pas généré de variations majeures. Une spécialiste australienne en physiologie sportive évoquait récemment que ces conclusions corroborent celles obtenues dans d’autres domaines de la nutrition d’endurance.
Peut-on tirer une conclusion définitive ? Comme souvent dans la recherche, une seule étude ne suffit pas à tout prouver. Les adeptes du régime sans gluten souligneront volontiers les limites du protocole ou l’insuffisance des échantillons. Pourtant, face à cette méthodologie rigoureuse, il est courant d’opposer simplement la conviction personnelle ou l’autosuggestion (effet placebo). Au final, cette analyse représente une avancée sérieuse pour qui s’intéresse à l’évaluation stricte et contrôlée des comportements alimentaires chez la sportifs. Certains professionnels estiment que multiplier les points de vue reste essentiel, car chaque athlète est un cas à part. Pourquoi ne pas envisager d’autres études à grande échelle sur ce sujet ? (Après tout, ce n’est pas toujours évident de suivre un régime et d’en tirer des conclusions universelles…)
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.