Pendant les activités sportives, l’oxydation des glucides et graisses évolue en fonction de l’intensité de la séance. D’après une étude portant sur la p-synéphrine et son alcaloïde, il apparaît que les habitudes alimentaires n’influencent pas la diminution de la graisse. Voici ce qu’on peut retenir sur la manière de brûler davantage de graisses lors de l’effort.
Sommaire
Quelques informations et avis des scientifiques et médias
Le British Journal of Pharmacology a récemment évoqué une analyse dédiée au rôle de la p-synephrine, avec un coup de projecteur sur sa participation à la combustion des graisses pendant la phase de repos après une session d’exercice. Fait intéressant, cette substance alcaloïde se retrouve à l’état naturel dans certains agrumes tels que les mandarines, les pamplemousses ou les oranges – même si certains sportifs s’étonnent du faible taux réellement present dans ces fruits (ce qui surprend parfois lors du passage du naturel aux compléments).
On retrouve aussi la p-synéphrine dans certains compléments alimentaires. Là, sa concentration peut atteindre des niveaux nettement plus élevés, particulièrement dans les extraits d’oranges amères, comme le Citrus aurantium. Pourtant, malgré l’offre florissante, on constate souvent que les données scientifiques à propos de l’alcaloïde et de son action sur l’oxydation des substrats d’énergie restent limitées. Un nutritionniste interrogé récemment soulignait combien la littérature actuelle sur le sujet demeure partielle et assez prudente sur les recommandations.
Certains experts s’intéressent également aux potentiels effets secondaires d’une prise prolongée d’alcaloïde car quelques utilisateurs ont déjà observé des réactions inattendues, notamment chez les personnes sensibles. Juan Del Coso, de l’Université Camilio José, a d’ailleurs beaucoup détaillé la montée en popularité de la p-synéphrine dans l’univers des compléments, une ascension liée à sa ressemblance chimique avec l’éphédrine, bien connue pour être un stimulant du système nerveux. C’est aussi pourquoi différents produits amincissants, souvent vantés dans les médias, intègrent ces substances pour espérer un coup de pouce sur la perte de poids (même si les retours sont parfois très partagés).
Quel effet présente la p-synéphrine sur la diminution des graisses ?
Le point fort de la p-synéphrine réside surtout dans le fait qu’elle limiterait l’augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle pendant l’effort. Elle serait ainsi à l’origine de moins d’effets secondaires, comparativement à d’autres stimulants (une formatrice en nutrition sportive mentionnait récemment que c’est ce côté “tempéré” qui rassure certains utilisateurs). Del Coso lui-même a mené une étude pour mesurer concrètement l’impact d’une prise de 3 mg de p-synéphrine sur la masse corporelle et le métabolisme de l’énergie.
Dans un essai complémentaire, dix-huit personnes ont suivi deux protocoles distincts : l’un avec ingestion de p-synéphrine à 3 mg/kg ; l’autre sous placebo, sorte de contrôle neutre. Durant l’heure qui a suivi la prise, la tension et la dépense énergétique étaient suivies lors d’un test sur vélo stationnaire. En pratique, la p-synéphrine n’a pas modifié le rythme cardiaque ni la dépense d’énergie immédiate. Pourtant, pendant l’exercice un effet notable s’est dessiné : la synéphrine a entraîné une vrai hausse de l’oxydation des graisses, tout en diminuant celle des glucides (un coach sportif m’expliquait que certains de ses clients le ressentiraient nettement en séance intensive).
En clair, la p-synéphrine semble bien aider à augmenter la capacité de l’organisme à brûler des graisses. Les résultats suggèrent que les compléments enrichis en p-synéphrine pourraient réellement booster la combustion de graisses, jusqu’à 7 grammes à l’heure lors d’un entraînement. Cela reste conditionnel, et dépend du contexte sportif, mais certains pratiquants évoquent déjà une sensation de meilleure récupération après ce type de supplémentation.
Quel est le régime miracle ?
Mieux vaut être lucide : il n’existe pas de régime miracle, contrairement à ce que prétendent souvent certains “coachs” en ligne. D’ailleurs, pour les cyclistes par exemple, la limite observée en matière d’oxydation de la graisse est autour de 0,7 g/minute. Autrement dit, même dans les conditions optimales, une personne pourrait brûler jusqu’à 42 grammes de graisse après une heure d’exercice intense.
Détaillons : lorsqu’un sportif débute une démarche de perte de poids, il peut croire voir s’évaporer des graisses, mais en pratique, cela tient surtout à une perte de fluides corporels dans un premier temps (il arrive d’ailleurs que certains soient déçus lors de la reprise du poids perdu). De là vient l’échec répété de beaucoup de régimes miracles ou programmes express vendus à grands renforts d’arguments commerciaux : le fameux “effet rebond” n’est généralement qu’une récupération naturelle de ces fluides, et c’est une réalité que plusieurs chercheurs n’ont cessé de rappeler (même si. soyons honnêtes, qui n’a jamais espéré un raccourci ?).
La meilleure astuce pour perdre efficacement son poids
Pour que la balance penche du bon côté, une transformation de poids réelle grâce à l’oxydation des graisses via un entraînement régulier conduit la plupart du temps à une perte de 200 à 300 grammes par semaine, soit un peu plus d’un kilogramme par mois. C’est souvent cet objectif qui motive de nombreux usagers sur la durée. Un chiffre modéré, plus sain et durable, mais il faut le reconnaître : c’est moins “vendeur” que les chiffres annoncés par certains produits miracles largement mis en avant (certains témoignent d’être tombés dans le panneau !).
Cela dit, on recommande souvent de viser une perte d’environ un kilo de graisse chaque mois, une progression validée par les données scientifiques. Ajoutons que le recours à la p-synéphrine, couplé à une activité physique encadrée, pourrait soutenir cette évolution – même si la prudence est de mise. Il reste nécessaire de disposer d’assez d’études pour mieux cerner l’impact de la p-synéphrine sur la production énergétique à moyen et long terme, et sur son usage répété au sein des compléments alimentaires, lors de différentes phases sportives ou au repos (certains professionnels estiment que l’on dispose encore de trop peu de recul pour trancher aujourd’hui).
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.