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Validité des applications pour maigrir : ce que disent les experts

par Mathieu Gabens

Lorsqu’une personne fait face au surpoids, elle se tourne vers différentes méthodes pour éliminer l’excès de graisse. Parmi les solutions populaires aujourd’hui, beaucoup misent sur les applications mobiles : smartphones, tablettes, et autres outils connectés. Pourtant, la question de la fiabilité scientifique de ces programmes revient souvent. Comment les professionnels de la santé perçoivent-ils ces dispositifs, concrètement ?

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Que valent réellement les applications actuelles pour maigrir ?

Environ 9 adultes sur 10 pourraient être concernés par l’obésité d’ici 2030, selon les projections de l’OMS. Dans cette optique, il vaut la peine de rappeler que des campagnes de sensibilisation internationales sont menées chaque année pour informer sur les risques et encourager la prévention. Lors du Sommet Européen de l’Obésité à Göteborg, plusieurs chercheurs ont partagé leurs résultats sur le sujet. Ils se sont notamment penchés sur différentes applications pour maigrir qui accompagnent des hommes et des femmes motivés à lutter contre les kilos superflus.

On constate que sur l’ensemble des applications évaluées, à peine 17 – soit 0,5 % – sont éditées par des universités ou organismes certifiés de santé. Aucun volet ne permet d’attester leur efficacité dans le cadre d’une démarche minceur ou pour aider à stabiliser son poids. Ce manque de validation est régulièrement relevé dans les discussions de spécialistes, notamment lors d’ateliers dédiés à l’obésité. Si l’on considère que l’obésité exige des solutions pérennes et universelles, certains professionnels insistent sur la nécessité d’outils réellement validés à long terme. Il arrive, par exemple, qu’un utilisateur motive tout un groupe familial à tester une application sans guider vers un suivi scientifique.

Les applications mobiles séduisent un public jeune, mais aussi les personnes jugées vulnérables face à la maladie. Est-ce vraiment à ces outils qu’il faut confier la lutte contre l’obésité ? Plusieurs diététiciens interrogés estiment que si les applications stimulent l’engagement, elles ne remplacent pas l’accompagnement médical ou nutritionnel. D’après une formatrice en nutrition, l’effet de mode cache parfois un manque d’efficacité réelle.

Comment l’étude s’est-elle déroulée ?

Le Professeur Mike Lean et le Docteur Charoula Nikolaou, ainsi que leurs équipes, ont mené plusieurs recherches ciblant les applications les plus répandues sur Apple Store et Google Play. L’investigation s’est focalisée sur les utilisateurs résidant aux États-Unis, à Singapour et au Royaume-Uni, en collectant des données sur le volume de téléchargements, le prix d’achat, les retours des utilisateurs et les profils des éditeurs.

À l’arrivée, 3 013 applications ont été recensées, comptabilisant plus de 660 millions de téléchargements. Google Play s’est distingué avec 2 196 téléchargements et 82 % d’applications gratuites, tandis que l’Apple Store concentrait 817 téléchargements et 43 % d’offres sans frais. Les créateurs d’applications mettent en avant la gestion alimentaire, l’enregistrement calorique et le suivi des exercices, dans l’espoir de répondre aux attentes. En pratique, ce sont surtout des outils comme My Fitness Pal, Noom Weight Loss Coach ou Fitbit qui suscitent le plus d’avis et de discussions. Certains utilisateurs racontent leur expérience avec ces applications comme un soutien ponctuel, mais confient aussi leur besoin de conseils plus personnalisés.

Quelles sont les conclusions de l’étude ?

Pour finir, il vaut mieux noter que les auteurs ne recensent aucune application développée par un organisme certifié ou des professionnels de santé. On remarque que l’absence de preuve scientifique autour de ces outils pose problème pour traiter ou prévenir la surcharge pondérale. Dernier point à signaler : aucune publication n’atteste à ce jour d’un effet significatif pour limiter la prise de poids chez les sujets prédisposés.

D’après plusieurs spécialistes, 40 % des personnes âgées de 65 ans sont touchées par l’obésité. Certaines voix recommandent d’agir essentiellement sur les habitudes alimentaires. On constate souvent que 90 % des jeunes non encore concernés gagneraient à adopter un mode de vie plus sain sans attendre. Même si les applications pour maigrir disponibles en téléchargement offrent de nombreux conseils, elles n’intègrent toujours pas l’expertise médicale capable de garantir leur fiabilité auprès du grand public. Là-dessus, un médecin nutritionniste rappelait récemment que l’utilisation massive de ces outils ne remplace jamais un avis professionnel (et c’est pas toujours évident pour les familles de s’y retrouver). Alors, faut-il s’en servir ou non ? Le débat reste ouvert.

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