Une étude publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine montre qu’une équipe de chercheurs spécialisés dans les sciences du comportement et la perte de poids s’est penchée sur l’efficacité des applications mobiles pour accompagner les utilisateurs désireux de maigrir. Si ces outils numériques gagnent en popularité, ils restent souvent partiels lorsqu’il s’agit de soutenir de réels changements de comportement. Regardons de plus près ce que révèle la recherche sur leur contenu.
Sommaire
Que comprennent ces applications ?
Les applications mobiles de gestion du poids ne proposent le plus souvent qu’une sélection restreinte d’outils axés sur la modification des comportements. Certes, elles s’appuient sur des approches validées par la recherche, mais la part dédiée à l’accompagnement comportemental reste tres limitée. D’ailleurs, certains professionnels estiment que ce sont surtout les fonctionnalités visant la santé globale qui manquent de soutien psychologique ou médical adapté — ce qui peut parfois décevoir les utilisateurs réguliers.
Dans cette étude, 30 applications ont été passées au crible et comparées à 20 méthodes scientifiquement reconnues pour accompagner la perte de poids. En pratique, la majorité des applications intégreraient peu ou pas de guides concrets pour faire évoluer les habitudes. À titre d’illustration, 28 sur 30 offrent moins de 25 % des recommandations principales ; même parmi les deux applis les plus populaires sur le marché, aucune ne dépasse 65 % de ces méthodes essentielles. On constate souvent que ce faible taux d’intégration surprend les utilisateurs, qui s’attendent à des options plus complètes (certains racontent avoir cherché en vain des conseils personnalisés ou des alertes intelligentes).
De quoi sont constituées les stratégies qui reposent sur des preuves scientifiques ?
Dans l’approche scientifique, les stratégies considérées comme efficaces reposent en général sur quelques grands principes :
- Être attentif à ses propres déclencheurs pour renforcer la volonté,
- Mettre en place un système pour gérer les situations difficiles,
- S’appuyer sur la gestion du stress et favoriser son sommeil,
- Ne pas sous-estimer la prévention des phases de relâchement.
On peut supposer que ces 20 méthodes, qui ont fait l’objet des travaux mentionnés, visent en priorité les personnes souhaitant ajuster leur comportement dans l’espoir de réduire leur poids de 5 à 7 % (c’est d’ailleurs la fourchette souvent retenue lors des essais cliniques). Une formatrice rappelait récemment que le collège de scientifiques impliqué a également vérifié si les applications s’adaptaient correctement grâce à des fonctionnalités numériques destinées à optimiser ces stratégies comportementales. Avec un peu de recul, on remarque que la technologie reste un précieux soutien pour certains profils ; par exemple, il arrive qu’un utilisateur ressente un déclic simplement en paramétrant une notification d’encouragement au bon moment.
Quelles sont les améliorations observées en ce qui concerne ces applications ?
Sur le terrain, plusieurs avancées rendent l’expérience plus engageante. À titre d’exemple, les scanners de code-barres permettent d’obtenir immediatement des informations nutritionnelles lorsqu’on fait des courses — un réflexe qui séduit de plus en plus de personnes soucieuses de mieux choisir leurs produits. Autre évolution remarquée par des diététiciens : beaucoup d’utilisateurs partagent désormais leurs progrès via les réseaux sociaux ou des pense-bêtes collaboratifs, ce qui crée une réelle dynamique de soutien au sein de groupes motivés.
- L’enregistrement facile de la consommation alimentaire s’est imposé comme une aide significative pour rester régulier,
- Les fonctionnalités de rappel (par mail, message ou alertes) contribuent à maintenir la motivation sur le long terme,
- Les exercices programmés se font plus variés pour limiter la monotonie et faciliter la reprise d’activité (certains y trouvent une forme de défi stimulant).
Finalement, est-ce vraiment nécessaire d’investir dans une application payante ? Les chercheurs interrogés insistent sur un point : les versions gratuites s’avèrent tout aussi efficaces pour intégrer les techniques validées par la science. D’un point de vue pratique, il vaut souvent mieux choisir une application bien conçue plutôt que de privilégier le prix. Pour finir, il faut souligner que l’objectif de ces études était surtout de mettre en lumière les améliorations encore possibles — et d’encourager le développement de nouvelles options envisageables, particulièrement utiles pour celles et ceux ayant du mal à rester constants dans le suivi de leur alimentation. Ces innovations pourraient, à terme, aider un plus grand nombre de personnes à atteindre leur poids souhaité, même si chacun avance à son rythme (une formatrice confiait ainsi que le découragement est parfois temporaire).
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.