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Les traqueurs d’activité ne stimulent pas les exercices physiques

par Mathieu Gabens

On constate regulierement que notre corps a besoin, chaque jour, d’une certaine dose d’effort physique. Un groupe de chercheurs, curieux d’aller plus loin sur l’activité physique, a décidé de mener une étude sur le sujet. Mais après des résultats franchement inattendus, une interrogation persiste : qu’est-ce qui pousse les gens à bouger véritablement ? (Certains psychologues évoquent que la motivation ne se limite pas à la conscience d’être observé.)

Pour jauger de façon plus précise l’effet de la mesure de l’activité physique chez chaque personne, deux professeurs des universités de Classons et de l’Oklahoma ont monté une batterie de tests. En tout, 36 participants ont été sélectionnés. Durant la première phase, chacun recevait un petit appareil censé mesurer le niveau d’exposition au soleil. Évidemment, il s’agissait d’une raison inventée. D’après une formatrice en sciences du sport, il arrive que les chercheurs masquent l’objectif réel d’un test pour éviter que les candidats n’en devinent le but et influencent les résultats sans le vouloir.

La suite a suivi la même démarche. Toutefois, cette fois, l’appareil remis aux participants était censé compter le nombre de pas effectués au quotidien. Ces deux dispositifs avaient en réalité comme tâche de quantifier l’effort physique fourni, mais sans que les sujets ne le sachent avec certitude. On peut se demander : l’effet d’être « surveillé » déclenche-t-il vraiment une hausse de l’activité ? Dans le quotidien, certains utilisateurs s’imaginent que porter un traqueur va les transformer, mais les faits sont parfois plus nuancés.

Les enseignants anticipaient volontiers des performances hors normes. Après tout, avoir conscience d’un suivi incite souvent à se dépasser. Pourtant, les observations étaient loin de répondre à ces attentes. Pour illustrer : les participants n’ont pas diversifié leurs comportements ni augmenté leurs déplacements par rapport à leurs habitudes courantes. (Une professionnelle évoquait que ce phénomène de « non-changement » n’est pas rare.)

Selon Boolani, l’un des initiateurs de l’enquête, en moyenne, un adulte réalise pas moins de 10 000 pas sur une journée, soit près de 30 minutes d’activité physique légère. Si le but est d’entretenir la santé sur plusieurs années, on recommande souvent de marcher une heure quotidiennement. Pour cette expérience, les 36 participants atteignaient principalement entre 11 000 et 12 000 pas par jour. Ce nombre reste dans la norme du minimum nécessaire, même avec les traqueurs. Les professeurs espéraient pourtant observer une influence claire des appareils sur les performances des utilisateurs, mais les résultats témoignent d’un impact relativement limité.

Dernier point à noter : le problème de comment encourager chacun à devenir plus actif reste, pour l’instant, entier. En pratique, cette étude est riche d’enseignements pour le milieu sportif mais aussi médical. Elle met en lumière le fait que les traqueurs d’activité n’ont pas systématiquement d’effet sur la motivation ou les progrès. Un expert en physiologie indiquait à ce sujet : mieux vaut ne pas placer trop d’espoir dans ces dispositifs pour aider durablement sportifs ou toute personne souhaitant bouger davantage.

Pour finir, ces résultats ouvrent la porte à d’autres outils susceptibles de donner envie à chacun de bouger. Autre point, cela contribue à préserver une santé plus solide sur la durée. Désormais, les recherches autour du suivi psychologique, ou encore l’impact de la famille et des proches, méritent d’être sérieusement envisagées. (Il est vrai qu’il n’existe pas de recett universelle, et ce n’est pas toujours évident d’identifier une source de motivation efficace.)

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