Les traqueurs d’activité appartiennent à la famille des bracelets intelligents : ils enregistrent pas à pas la distance parcourue, mais aussi de nombreux autres paramètres. Ces objets connectés, aisément configurables selon votre age, votre sexe ou votre poids, sont devenus de véritables assistants bien-être pour qui souhaite suivre ses progrès au quotidien. Leurs minuscules capteurs, équipés d’accéléromètres, collectent une foule de données et transmettent l’ensemble aux algorithmes d’analyse. On constate souvent que cette technologie, même discrète, a bousculé nos façons de surveiller notre forme physique. Mais quel en est l’impact réel sur la santé ?
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Les traqueurs d’activités : avis des chercheurs
En 2015, on relève qu’environ 20 millions de traqueurs d’activités ont trouvé preneur rien qu’en Europe. Bien plus que de simples podomètres, la plupart enregistrent le rythme cardiaque et rassemblent toutes sortes de données utiles lors des séances de sport. Certains utilisateurs racontent que ces appareils leur ont permis de mieux progresser dans leur parcours d’amaigrissement, même si l’expérience n’est pas universelle.
Qu’en pensent les scientifiques ? Une formatrice évoquait récemment que, malgré le battage médiatique, les traqueurs d’activités laissent parfois les utilisateurs sur leur faim. Les études rapportées par des chercheurs du PLOS Medicine ont fait ressortir que très peu de détenteurs de ces appareils bénéficiaient d’une forme réellement améliorée. On peut supposer que le fait de s’appuyer sur le ressenti des participants biaise un peu ces résultats, et cela rend leurs conclusions plus nuancées.
Autre point : une analyse récente conduite par le Pedometer Accelerometer Consultation Evaluation (PACE) s’est intéressée à l’efficacité concrète des podomètres. D’après ces travaux, les résultats sont véritablement probants, mais surtout quand les utilisateurs bénéficient d’un accompagnement sur mesure. À l’inverse, l’absence de conseils professionnels amène rapidement à mesurer les limites de ces objets connectés car il arrive qu’une personne, sans le soutien d’un coach, ne parvienne pas à maintenir le cap fixé par son traqueur.
Les traqueurs d’activités : pour quel type d’utilisateurs ?
En général, les traqueurs d’activité ont été pensés à la base pour les personnes déjà actives ou désireuses de surveiller leurs progrès. Plusieurs professionnels estiment d’ailleurs que ces bracelets conviennent avant tout à des utilisateurs motivés, enclins à s’auto-évaluer. Pour d’autres publics, à l’exemple de ceux qui ne portent qu’un intérêt distant à l’exercice, le dispositif est vite délaissé. Un témoignage fréquent : « Je n’aime pas qu’on me rappelle constamment ce que je devrais faire ». L’adoption reste donc très variable selon le profil.
Un constat partagé par nombre de spécialistes : malgré l’engouement initial, la majorité des propriétaires de traqueurs d’activité renoncent rapidement à l’utiliser. Les fameuses résolutions de début d’année (rester actif, mesurer chacun de ses pas) cèdent souvent la place à une certaine lassitude, voire à l’oubli de l’appareil au fond d’un tiroir. Faut-il s’en étonner ? D’après certains fabricants, l’engagement que réclame ce type d’accessoire – entre les recharges régulières et la gestion permanente des données – peut finir par lasser même les plus motivés.
Dernier point à noter : la sensation d’intrusion peut se faire sentir au fil du temps, surtout chez celles et ceux en quête d’une meilleure santé ou confrontés à des pathologies. Il n’est pas rare qu’un utilisateur fragile, déjà suivi pour une maladie, juge ces bracelets contraignants et peu motivants sur la durée. Comme un expert en santé numérique le souligne, la question se pose : « Le suivi permanent aide-t-il vraiment à se sentir mieux ? »
Les traqueurs d’activités : conditions d’utilisation
Pour tirer parti des traqueurs d’activité, il vaut mieux rechercher précision et sécurité d’utilisation. Autrement dit, la fiabilité technique devient le critère essentiel pour profiter pleinement de son achat. En pratique, la marge d’erreur de certains modèles atteint parfois entre 20 et 25 % : un chiffre à ne pas négliger. Ajoutons que, la plupart du temps, l’utilisateur lambda n’a accès qu’à une version très résumée de ses données.
Certains fabricants préfèrent conserver les données brutes pour leur propre usage, ou même les transmettre à des organismes extérieurs, avec tout ce que cela implique en matière de gestion des informations personnelles. L’histoire d’un particulier ayant tenté de récupérer l’intégralité de ses propres données et butant sur des refus répétés illustre bien cette perte de contrôle. L’ensemble peut susciter de la méfiance, et certains adeptes de la santé connectée s’interrogent : où passe réellement l’information ?
Les traqueurs d’activités : une nouvelle approche pour améliorer les conditions physiques
Sur le papier, la promesse est séduisante : ces appareils permettraient, dit-on, d’améliorer votre forme. Mais force est de constater que l’efficacité concrète reste à démontrer. C’est aussi pourquoi plusieurs experts recommandent à présent de prendre modèle sur les protocoles utilisés – dans l’industrie pharmaceutique. Tester rigoureusement avant diffusion offrirait de véritables garanties à l’utilisateur. On peut supposer que des essais bien menés faciliteraient l’identification des améliorations à apporter.
Pour donner un exemple marquant, certains voient dans l’expérimentation sur différents types de groupes d’utilisateurs une piste à creuser : un groupe d’athlètes expérimenterait le dispositif tandis qu’un autre assurerait le contrôle. Cette démarche rapprocherait l’évaluation des traqueurs des méthodes employées pour d’autres outils médicaux.
Une optimisation supplémentaire serait de faire participer trois catégories bien distinctes de volontaires : un premier panel essayerait le bracelet au quotidien, le second se chargerait de l’enregistrement précis des activités collectives et le troisième servirait de groupe témoin, sans traqueur et sans journalisation. Cette répartition, assez proche des études cliniques, donnerait un éventail plus large et plus réaliste des bénéfices à attendre.
- Comparer la réaction de différents profils : autant d’éléments qui pourraient mieux cibler l’intérêt du produit selon les utilisateurs.
- Identifier des populations plus susceptibles de retirer de véritables bénéfices à long terme.
- Renforcer (progressivement) l’impact sur les habitudes de vie sans forcément imposer une contrainte permanente.
Une consultante en innovation santé résumait récemment : il faut désormais s’attarder sur la question suivante – « à qui les traqueurs apportent-ils réellement un coup de pouce durable ? ». C’est pas toujours évident, mais cette piste pourrait transformer l’approche future du suivi d’activité.
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.