Accueil Santé Les mangeurs de poisson réduisent les risques cardiaques malgré le mercure

Les mangeurs de poisson réduisent les risques cardiaques malgré le mercure

par Mathieu Gabens

D’après des travaux récents réalisés par des chercheurs de l’Université d’Umeå en Suède, mieux vaut intégrer le poisson à son alimentation. Mais attention, tous les poissons ne se valent pas : ceux qui évoluent dans des milieux pollués sont à éviter. Les chercheurs se sont penchés sur une question très concrète : quels sont les dangers liés à un fort taux de mercure, et à l’inverse, quels sont les bénéfices des acides gras bénéfiques pour le corps ? Ce sujet, souvent évoqué dans les médias spécialisés, suscite régulièrement des interrogations chez les sportifs ou les amateurs de nutrition.

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Les risques de la consommation d’un poisson exposé au mercure

Incorporer du poisson à son alimentation constitue généralement une bonne habitude. Nombreuses sont les personnes qui apprécient ses effets, car cet aliment contribue à préserver la santé et à favoriser la prévention de problèmes divers. Une nutritionniste de centre hospitalier rappelait justement que la consommation de poisson est associée à de multiples bénéfices, y compris une baisse du risque de maladies cardiovasculaires. Dans la pratique, il suffit parfois de quelques portions hebdomadaires pour profiter de cette protection.

Mais la question de la pollution change la donne. On remarque que la plupart des poissons sont aujourd’hui exposés à des contaminants, et le méthyle de mercure est de loin le plus scruté. Des analyses ont permis d’identifier ce polluant dans beaucoup d’espèces aquatiques. Pour les consommateurs, les enjeux sont doubles : ceux qui mangent des poissons très contaminés augmentent leurs chances de développer certaines maladies (en particulier d’ordre cardiovasculaire), mais à l’inverse, réduire excessivement la consommation de poisson peut aussi exposer à des carences. Certains témoignages de patients montrent d’ailleurs qu’il n’est pas rare de perdre ses repères face à ces informations contradictoires. Finalement, est-ce qu’un choix modéré et raisonné n’est pas la option envisageable la plus sage ?

Les études menées par les scientifiques pour évaluer les risques

Pour mieux éclairer ce débat, des chercheurs de l’Université d’Umeå, en collaboration avec des collègues finlandais, ont mis en commun leur savoir-faire. Le but était de démêler la part du mercure mais aussi l’impact réel des oméga-3 sur le risque d’accident cardiovasculaire. Un professeur en santé publique évoquait récemment l’importance d’analyser non seulement les apports d’acides gras bénéfiques, mais aussi la présence de contaminants, pour interpréter correctement les résultats des études.

Pendant les travaux, les participants ont subi divers prélèvements — sang et cheveux principalement — afin de mesurer précisément l’exposition. Deux groupes distincts figuraient dans l’étude : d’un côté, des personnes ayant déjà présenté une crise cardiaque et passé des contrôles médicaux ; de l’autre, des individus exempts de pathologie connue. Cette méthodologie, souvent adoptée dans les recherches épidémiologiques, permet de mieux ajuster les résultats en fonction des profils analysés. Certains participants racontaient qu’ils n’avaient jamais imaginé que leur type de poisson préféré, parfois pêché localement, pouvait avoir un tel impact sur leur santé.

La présence d’Oméga-3 inhibe l’action du mercure

La publication issue de ces travaux est parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition. Les résultats indiquent que, très concrètement, l’exposition au mercure via certains poissons augmente la probabilité de subir une crise cardiaque. Par contraste, les oméga-3 présents dans le poisson exerceraient un effet protecteur, réduisant le risque d’accidents cardiaques. Il est surprenant de constater que, dans les échantillons, le mercure se trouvait à des taux élevés, alors que les acides gras protecteurs étaient eux plus modestement représentés. Certains experts finlandais estiment d’ailleurs que ce déséquilibre peut expliquer la variabilité des bénéfices selon les types de poisson consommés.

Dernier point à noter, tout l’enjeu réside dans la proportion : il vaut mieux viser un équilibre dans ses choix alimentaires. On recommande souvent de veiller à ce que les composés nocifs et les éléments bénéfiques présents dans les poissons puissent s’annuler en partie. On notera toutefois que cette étude porte principalement sur le mercure et n’analyse pas des polluants organiques comme le PCB ou la dioxine, bien que ceux-ci puissent eux aussi nuire à la santé. Des diététiciens rappellent à ce sujet qu’une vigilance étendue s’avère prudente chez les sportifs ou les femmes enceintes, même si les connaissances sont encore incomplètes.

Pour finir, mieux vaut consommer différents poissons tout en évitant ceux riches en polluants. Un rythme de 2 ou 3 portions par semaine semble apporter les bénéfices attendus, sans exposer à des excès. En revanche, limitez la consommation de brochets ou de perches, dont le mercure est réputé élevé. Après tout, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver : une animatrice en nutrition affirmait récemment que la règle du bon sens reste incontournable face à la diversité des espèces et des origines. C’est donc en s’informant régulièrement et en restant attentif à la fraîcheur comme à la provenance, que vous renforcerez les effets positifs du poisson sur votre santé.

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