Accueil Santé L’exercice réduit le risque de démence selon une étude de 35 ans

L’exercice réduit le risque de démence selon une étude de 35 ans

par Mathieu Gabens

Pour favoriser la santé humaine, une équipe de scientifiques s’est penchée pendant 35 ans sur une vaste étude. L’objectif principal était d’identifier les comportements sains susceptibles de prévenir l’apparition de la démence chez l’homme. Certains experts insistent : il vaut mieux pratiquer une activité physique régulière et privilégier une alimentation equilibree. Dans la même logique, on recommande souvent d’éviter la consommation de tabac, d’alcool et de limiter toute prise de poids inutile. Après une telle investigation, que peut-on vraiment retenir des conclusions présentées dans cette étude ?

Sommaire

Quel était l’objectif de cette recherche durant les 35 ans ?

Dans le cadre de ces recherches, c’est la cohorte « Caerphilly » qui s’est révélée la plus éclairante. Au pays de Galles, 2 235 hommes âgés de 45 à 59 ans ont été suivis sur le long terme.

À l’origine, les chercheurs visaient à comprendre la façon dont le mode de vie pouvait influencer l’apparition des maladies chroniques et les troubles cognitifs. Un spécialiste rappelait que chaque évolution positive de comportement était méthodiquement observée, souvent dans l’idée d’évaluer leur effet sur la santé générale.

Des découvertes notables ont ainsi jalonné ce suivi. Certaines d’entre elles ont même donné naissance à plus de 400 publications dans la presse médicale. Un chiffre marquant, qui montre bien à quel point ce projet de longue haleine a fait bouger les lignes. On constate souvent que derrière les statistiques se cachent de vrais parcours de vie, et on se demande parfois ce qui a motivé certains participants à poursuivre aussi longtemps leur engagement !

Cette expérience a-t-elle abouti à des résultats positifs ?

Les résultats obtenus révèlent que les personnes maintenant ces habitudes bénéfiques sur 35 ans bénéficiaient d’une réduction remarquable du risque de développer certaines maladies. Par exemple, la démence sénile ou le déclin cognitif voyaient leur fréquence baisser d’environ 60 %. Concernant le diabète, ce taux atteignait même 70 %. L’activité physique régulière se présente comme le facteur protecteur dominant.

Le professeur Peter Elwood, principal auteur de l’étude, résumait le tout ainsi : « Réduire la fréquence de ces maladies à l’aide d’actions simples (bonnes pour la santé) constitue une avancée considérable pour une population vieillissante. »

Selon lui, « ce que l’on apprend ici, c’est qu’un mode de vie sain apporte des bénéfices parfois inattendus, autrement dit, nettement plus probants que n’importe quel traitement médical ou mesure préventive clinique. » Beaucoup de professionnels de santé insistent sur cette dimension concrète. D’ailleurs, certains confient que parmi leurs patients âgés, ceux qui persévèrent sur ces principes conservent bien plus longtemps leur vitalité (il n’est pas rare d’observer des écarts sensibles d’une personne à l’autre).

Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas suivi les recommandations ?

D’un côté, seule une minorité — environ 1 % de la population galloise — s’efforçait d’appliquer un mode de vie réellement sain. À l’inverse, près de 240 000 personnes, soit 5 % des habitants, ne suivaient pas une seule des cinq règles identifiées. Les scientifiques dressent alors le constat d’un groupe à risque élevé, dont l’évolution préoccupe aujourd’hui nombre de spécialistes de santé publique.

Pour clore cette partie, Peter Elwood insistait : « Choisir d’adopter et de maintenir des habitudes favorables à la santé devient une démarche personnelle et réfléchie. Pourtant, les preuves de cette étude montrent que peu de gens franchissent vraiment le pas. Ajoutons que si l’on observe une nette diminution du nombre de fumeurs sur trente ans, le volume de ceux qui mènent une vie pleinement saine reste plafonné. » Une formatrice évoquait d’ailleurs récemment que, même avec la multiplication des campagnes d’information, changer ses habitudes n’est pas toujours évident pour tous — les freins sociaux ou familiaux jouent un rôle important, paraît-il.

Quel est l’intérêt de cette étude ?

Si l’adoption de ces comportements dès le début avait été plus large, les projections réalisées par le professeur Elwood sont saisissantes. Il estimait que, sur 35 ans :

  • le nombre de cas de démence sénile aurait pu baisser de 13 %,
  • le diabète aurait diminué de 12 %,
  • les maladies cardiovasculaires auraient reculé de 6 %,
  • la mortalité aurait également chuté de 5 %.

Le Dr Doug Brown, Directeur de la Recherche et du Développement de l’Alzheimer Society, apporte un autre éclairage : « On sait depuis longtemps que ce qui protège le cœur bénéficie aussi au cerveau. Cette nouvelle étude confirme ce lien et met en lumière l’intérêt d’un mode de vie sain pour limiter certains troubles mentaux. » En pratique, sur le terrain, il arrive qu’un proche témoigne d’une nette différence de forme ou d’autonomie alors que les habitudes quotidiennes ont changé. Ces données suggèrent aussi que si les efforts dans la recherche sont coûteux, leur impact concret en matière de prévention peut s’avérer tout à fait significatif — voilà qui mérite réflexion, n’est-ce pas ?

Continuer sur BodyScience