Les ressources en eau, de nos jours, sont exploitées de multiples façons. Elles entrent dans la composition de diverses boissons, mais aussi dans de nombreux autres produits dont la qualité, parfois, laisse franchement à desirer. Face à l’engouement que suscite ce liquide indispensable, il n’est pas rare d’entendre des débats animés autour de la quantité à boire chaque jour. Toutefois, avant d’aborder la question du volume à consommer, il vaut mieux s’attarder d’abord sur sa qualité. On remarque qu’une eau polluée peut avoir des conséquences sérieuses sur la santé. À l’inverse, une eau pure fait véritablement du bien à l’organisme. D’aucuns vont même jusqu’à la qualifier de source vitale, d’essence même de pureté. Quelle quantité d’eau l’organisme humain réclame-t-il concrètement ? Voici ce qu’on peut retenir sur ce sujet largement commenté.
Sommaire
La consommation en eau : un besoin automatique de l’organisme
Difficile de s’y retrouver au vu du nombre d’informations contradictoires autour de l’eau. Certains parlent d’« eau dynamisée », de « l’eau vive », d’eau ionisée ou même magnétisée, mettant en avant toutes sortes d’effets prétendus sur la santé. On entend parfois que boire ces eaux magiques protégerait de nombreuses pathologies. Pourtant, la question de la quantité idéale à boire chaque jour prête toujours à débat. À titre anecdotique, une formatrice en nutrition sportive évoquait une comparaison surprenante avec des pratiques comme l’homéopathie en médecine : pour certains vendeurs, les boissons à base d’eau auraient presque des qualités miraculeuses. Les stratégies marketing n’hésitent pas à suggérer que leur produit en bouteille servirait, selon eux, à l’amaigrissement ou à améliorer la morphologie de manière quasiment instantanée.
Certains théoriciens avancent même que boire davantage d’eau serait la option envisageable à bien des problèmes. Est-ce vraiment aussi simple que cela ? On constate souvent que l’entretien de la santé dépend en partie de la qualité de l’eau consommée. Ajoutons que l’eau joue un rôle important dans la croissance et la défense de l’organisme. Elle alimente les organes en substances nutritives essentielles. D’ailleurs, il vaut la peine de rappeler que la recommandation de boire « 1,5 ou 2 litres » par jour n’a rien d’officiel : malgré sa popularité, aucune norme strictement scientifique ne vient la soutenir. Nombre de professionnels nuancent beaucoup cette idée. En pratique, aucune preuve universelle ne vient confirmer qu’il faudrait systématiquement boire cette quantité tous les jours. D’aucuns diraient d’ailleurs qu’il s’agit là d’idées reçues persistantes.
Concrètement, plusieurs éléments influencent les besoins hydriques quotidiens. On recommande souvent de les prendre en compte pour éviter les confusions. Certaines personnes constatent que chaque corps exige une quantité bien particulière d’eau, et cela tout au long de la journée. On peut supposer que les besoins changent aussi avec le niveau d’activité, l’énergie dépensée, l’âge ou encore le sexe. Autre point à noter : la taille du corps, de même que l’humidité et la température ambiantes, jouent également leur rôle. Sans oublier, bien sûr, l’alimentation. Il arrive notamment qu’une personne tirera jusqu’à entre 15 et 25 % de son hydratation de son régime alimentaire, comme le soulignent certains diététiciens.
Mieux vaut savoir que calculer sa consommation d’eau au millilitre près n’est pas indispensable. De nombreuses études insistent sur ce point : le corps humain est naturellement équipé pour gérer ses apports hydriques. Dès que la soif se fait ressentir, c’est le signe le plus fiable que l’organisme réclame de l’eau. Les reins, véritables chefs d’orchestre de l’équilibre des fluides, régulent quotidiennement la quantité d’eau à conserver ou à éliminer (par la micturation, notamment). Une professionnelle en physiologie racontait qu’un sportif débutant s’inquiétait de ne pas « boire assez » lors d’un entraînement estival, alors que les signaux du corps étaient parfaitement efficaces pour réguler la soif. En pratique, notre besoin en eau reste donc très variable d’une situation à l’autre.
Durant la canicule, par exemple, la sensation de soif augmente et se fait plus fréquente. Certains notent ce phénomène aussi lors d’exercice physique intense, la transpiration jouant alors un rôle clé dans la perte de liquide. On constate que, dans ces circonstances, il devient particulièrement pertinent d’écouter son corps sans pour autant se forcer à boire outre mesure. Pourtant, il existe des situations où la perte en eau peut s’accélérer dangereusement, avant même que la soif n’ait le temps de nous alerter. La déshydratation, d’ailleurs, peut survenir de façon insidieuse. À ce sujet, certains entraîneurs précisent que lors de séjours en haute altitude, la respiration accélérée entraîne une perte d’eau considérable (bien davantage que ce que l’on imagine souvent). Il vaut mieux alors surveiller régulièrement son hydratation et s’assurer d’avoir facilement accès à une boisson adaptée.
La perte en eau dans l’organisme : comment cela se manifeste-t-elle ?
La transpiration reste une réaction physiologique courante, mais il arrive qu’elle provoque des pertes hydriques importantes. Les sportifs, par exemple – et en particulier les amateurs de marathon – le savent bien : l’effort prolongé accentue la perte d’eau. Pourtant, il existe des moyens de minimiser cette perte. Une spécialiste du sport recommande souvent l’usage de boissons sportives enrichies en électrolytes pour compenser, tandis que d’autres préfèrent miser sur l’eau pure. En pratique, chacun devra ajuster sa stratégie selon son contexte. Il arrive également que le problème ne soit pas lié à l’activité physique : après un épisode de vomissements ou lors de nausées répétées, s’hydrater avec de simples boissons ne suffit parfois pas. À noter qu’il n’est pas toujours judicieux de boire davantage lorsque l’apport alimentaire est trop faible.
Retenez ceci : lors d’un épisode de transpiration marquée et répétée, ou après des vomissements, non seulement l’eau se perd, mais les électrolytes aussi. Même avec une bonne hydratation, ces derniers risquent de diminuer si la compensation ne s’effectue pas correctement. Autrement dit, boire de l’eau pure sans prendre en compte la reconstitution des électrolytes entraîne une dilution défavorable. Il est fréquent d’observer ce phénomène chez les sportifs d’endurance.
En se basant sur l’expérience, il semble que lors d’un marathon, l’apport d’environ 450 mg de sodium par heure soutienne efficacement la compensation des pertes. Ce chiffre, souvent cité par des entraîneurs spécialisés, est important non seulement pour remplacer ce qui est éliminé pendant la transpiration, mais aussi pour garantir l’homéostasie des électrolytes. Certes, chacun variera selon sa corpulence et l’intensité de l’effort.
Ajoutons que certains coureurs de longue distance consomment trop peu de boisson ou de solutions électrolytiques, s’exposant au risque d’hyponatrémie. Cette déficience en sodium, parfois redoutée, peut véritablement compromettre la santé et la performance des athlètes (une praticienne du milieu sportif rapporte que des troubles neurologiques ont surgi lors de certains ultra-trails). On recommande ainsi de boire suffisamment pour maintenir l’équilibre hydrique, sans oublier la qualité de la boisson choisie. Autre point : privilégier une eau bien adaptée aux efforts longs aide à garder un poids stable tout au long de la performance (parfois, un coureur fait l’erreur de ne consommer que des boissons sucrées, ce qui ne compense pas tout…).
Pourtant, la surconsommation n’est pas sans danger. Certains, dans un excès de zèle, boivent déraisonnablement, jusqu’à développer ce que l’on appelle la « polydipsie primaire ». Ces excès ne sont pas anodins : ils peuvent mener à d’autres risques, comme des crises d’épilepsie ou un délire aigu, liés à des niveaux inquiétants d’hyponatrémie. Au quotidien, quelques anecdotes de salle de sport témoignent de jeunes sportifs pensant bien faire en buvant au-delà des signaux de leur corps… La modération reste de mise.
D’autre part, il est fréquent d’entendre des médecins ou des praticiens recommander à leurs patients de consommer « beaucoup d’eau » sans toujours se soucier des spécificités individuelles. Certains experts rappellent que l’eau, si elle est vitale, ne détient pas les pouvoirs miraculeux parfois vantés dans le discours populaire. Le plus important, finalement, est d’écouter la sensation de soif, reconnue comme un excellent guide de l’équilibre hydrique.
Dès que l’on anticipe une perte accrue d’eau et de sel, il vaut mieux mettre en place certaines précautions pour l’hydratation – c’est même particulièrement vrai chez les athlètes d’endurance qui doivent ajuster, dans le temps, aussi bien l’apport hydrique que sodique. Dans d’autres situations complexes (notamment, chez les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque ou rénale), un avis médical reste essentiel. Ces conditions modifient en profondeur la gestion des besoins en fluides et en électrolytes. Si vous êtes concerné, tournez-vous vers un professionnel de santé afin de mieux cerner les habitudes et restrictions à adopter.
Dernier point à noter, l’eau fait partie, sans surprise, des aliments fondamentaux pour l’être humain. On n’oublie jamais qu’elle s’avère également essentielle pour le monde animal et végétal. Pourtant, il faut reconnaître que disposer d’une eau de qualité n’est pas évident partout, parfois même impossible dans certaines régions du monde. Pour préserver votre bien-être, opter pour une eau pure reste recommandé. À cela s’ajoute le fait que la quantité quotidienne nécessaire variera selon le niveau d’activité, la température extérieure et, bien sûr, la composition de l’alimentation habituelle. C’est pas toujours évident d’y voir clair, mais rester attentif à ses signaux internes fait souvent toute la différence.
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.