D’après certaines études récentes, l’heure à laquelle les repas sont pris joue un rôle majeur sur l’horloge interne, désignée aussi sous le nom de rythmes circadiens. Ce facteur influe également sur divers processus métaboliques, avec à la clé un éventuel risque de surpoids, voire d’obésité. Pourtant, les conclusions obtenues lors de recherches menées sur les enfants nuancent considérablement cette première hypothèse. Voici ce qu’on peut retenir sur l’impact concret des repas du soir sur le poids d’un individu. Au détour d’une conférence, un expert en nutrition mentionnait que l’on sous-estime parfois le rôle de la régularité horaire dans l’évolution du poids.
L’objectif de plusieurs recherches a été d’éclaircir la relation potentielle entre le fait de manger tard en soirée et la prise de poids. Résultat : aucun lien significatif n’a été mis en avant, en raison notamment du faible pourcentage d’enfants prenant leur dîner après 20 heures. Ajoutons que les apports journaliers en calories sont restés comparables, qu’il s’agisse des enfants dînant avant ou après ce seuil horaire. En pratique, quelques différences émergent sur la consommation spécifique de certains nutriments. Prenons l’exemple de la proportion journaliere de protéines, qui peut légèrement varier selon les groupes. Mais au final, on constate souvent qu’il n’existe pas de lien conséquent entre le fait de manger plus tard le soir et la prise de poids. Comme le partageait récemment une diététicienne, l’effet de l’horloge ne dépasse pas celui du total calorique global.
Mais cela ne voudrait pas dire qu’il faut consommer une quantité excessive de nourriture au dîner. Mieux vaut adopter de bonnes habitudes et privilégier une alimentation légère en soirée (par exemple : frites, pommes de terre, soupes ou jus de fruits légers). Ces choix facilitent la digestion alors que l’organisme entame déjà son ralentissement à partir de 20 heures selon des observations récentes. À l’inverse, les mets plus consistants sont nettement mieux tolérés en journée, notamment l’après-midi, période où nos dépenses énergétiques restent élevées. Il arrive qu’un sportif témoigne qu’un repas trop copieux le soir lui cause un sommeil perturbé, un détail souvent relaté dans les retours d’expérience. Au fond, on recommande souvent de respecter un certain équilibre dans la répartition des repas.
Et les études menées auprès des enfants dans tout cela ? Dans cette optique, 1 620 jeunes ont été étudiés, répartis en deux groupes : 768 âgés de 4 à 10 ans, et 852 entre 11 et 18 ans. Ces participants se sont pliés à une enquête nationale visant à collecter, via un agenda alimentaire rempli par eux ou leurs parents, toutes les informations sur l’alimentation quotidienne, les horaires précis des repas et les éventuels grignotages, sur une période de 4 jours. D’autres indicateurs (poids, taille, IMC) ont aussi été évalués. Point marquant : que les repas soient pris entre 20 h et 22 h ou plus tôt dans la journée, le niveau de risque de surpoids ou d’obésité n’augmente pas, quel que soit l’âge. Faut-il, pour autant, négliger la diversité des profils ? Une formatrice en diététique rappelait que la variabilité individuelle reste importante.
Les analystes ont également noté une hausse de la proportion de protides consommés chez les garçons de 4 à 10 ans dînant tardivement. Côté filles de 11 à 18 ans, une différence a été observée sur la consommation de glucose : celles qui mangent plus tard semblent consommer un peu moins de glucides chaque jour. Mais en pratique, ces écarts sont jugés trop mineurs pour tirer des conclusions solides sur la qualité globale de leur alimentation. Un dernier point à noter : certaines limites pèsent sur les travaux, en particulier l’absence de prise en compte de variables comme la fréquence du petit-déjeuner, l’activité physique réelle ou la durée du sommeil. Un biais possible évoqué par certains professionnels : les agendas alimentaires pourraient comporter des erreurs (oubli, approximations) ou simplement refléter un aperçu incomplet de la réalité (apres tout, qui n’a jamais oublié de noter un encas ?). On peut supposer que ces éléments devront être affinés dans les prochaines études.
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.