Accueil Santé Les noix protègent-elles vraiment contre les maladies cardiovasculaires ? Découvrez la vérité

Les noix protègent-elles vraiment contre les maladies cardiovasculaires ? Découvrez la vérité

par Mathieu Gabens

De nombreux sujets reviennent sur les bénéfices de la consommation de la noix ces derniers temps. Que ce soit dans la presse ou en ligne, la plupart des publications tendent à répéter un même message : consommer des noix serait bénéfique pour limiter les maladies cardio-vasculaires. Ce constat a d’ailleurs poussé certaines personnes à reconsidérer la place de la noix dans leur quotidien, à la suite d’articles portés à leur attention.

La noix a tout de même de sérieux atouts à mettre au service de votre alimentation quotidienne. Mais quels bénéfices peut-on vraiment attendre pour la santé ? Sa consommation influence-t-elle réellement le développement des maladies cardiovasculaires ? Ces questions émergent régulièrement, notamment grâce à diverses recherches centrées sur la noix et son impact, en particulier chez les personnes âgées. Ainsi, lors d’un congrès à San Diego, une étude a été présentée montrant que manger des noix pourrait aider à faire baisser le taux de cholestérol LDL.

Comme ce dernier figure parmi les principaux éléments associés au risque cardiovasculaire, nombreux sont ceux qui s’intéressent à ces pistes. Cela étant, on remarque que la méthode évoquée pour réduire ces risques n’est encore ni validée ni pleinement évaluée par la communauté scientifique. Un point à garder en tête : l’étude n’a pas encore fait l’objet d’une publication officielle, ni d’une relecture indépendante. Certaines précisions manquent également sur le protocole, ce qui laisse la porte ouverte à la prudence quant à la robustesse des résultats.

Pour recueillir des données, les chercheurs ont fait appel à un panel de 707 volontaires répartis sur plusieurs centres, notamment en Espagne et aux États-Unis. Aucun de ces participants n’était atteint de maladie connue au départ : ils ont été séparés en deux groupes distincts. Dans le premier groupe, on a introduit les noix dans l’alimentation ; le second, pour sa part, s’est abstenu d’en consommer durant le suivi. Notons que rien n’indique que ce dernier a exclu tous les autres fruits de son alimentation.

Le principe restait simple : pour les individus intégrant la noix, celle-ci devait représenter environ 15 % de leur apport calorique. Au fil de l’expérimentation, des mesures régulières du cholestérol sanguin ont été prises, ainsi que le poids des participants. Ce second point n’est pas anodin, la noix étant connue pour sa densité calorique.

Plusieurs personnes se demandent d’ailleurs si une consommation régulière risque de favoriser le surpoids sur le long terme. Voici un aperçu concret des liens possibles entre la noix et la santé cardiaque.

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Les résultats des recherches peuvent-ils permettre de se prononcer ?

L’objectif de l’étude consistait à suivre les participants sur une période pouvant aller jusqu’à deux ans. En pratique, seules 514 personnes ont été retenues pour l’analyse finale au bout d’une année. Sur l’ensemble de l’échantillon, 56 sujets ont préféré arrêter en cours de route, pour des raisons multiples (les études sur le terrain évoquent souvent des désistements pour fatigue, imprévus ou choix personnels). D’autres, au nombre de 137, n’ont finalement pas souhaité se prêter aux tests initiaux et n’apparaissent donc pas dans la cohorte étudiée.

Pour l’interprétation, certains chercheurs soulignent que le fait de ne pas avoir attendu ces 137 personnes pour compléter les résultats s’expliquerait peut-être par une volonté de publier rapidement, ou sous la pression de rendre compte. S’agit-il d’une précipitation ou d’un parti pris pragmatique ? Difficile à dire. Tout de même, il s’avère délicat d’affirmer que les données issues de 514 personnes peuvent être généralisées à toute la population ciblée. En revanche, rien n’indique non plus qu’exclure une partie des candidats change fondamentalement la nature des observations.

Un autre point ressort : la façon dont les deux groupes ont été définis reste inconnue, ainsi que les critères retenus pour la répartition. Par la suite, il n’est pas spécifié si les caractéristiques de chaque personne sont restées constantes. On peut même se demander si la connaissance, par les participants, de leur appartenance au groupe “noix” ou “non-noix” a pu influencer leurs habitudes. D’après une formatrice en nutrition, ces imprécisions méthodologiques ne sont pas rares dans les études alimentaires, ce qui appelle à un examen attentif malgré les analyses présentées.

Parmi les vérifications menées, on trouve la mesure de la quantité d’acides gras – notamment d’acides alpha linoléiques – dans l’organisme des participants. Un atout certain de la démarche tient dans la diversité des populations comparées, puisqu’elle s’appuie sur des sujets espagnols et nord-américains aux habitudes alimentaires très éloignées. Ainsi, l’influence de la noix peut être examinée tant dans des contextes méditerranéens qu’occidentaux, ce qui donne une idée plus large de son impact.

Qui a assuré le financement de cette étude ?

On recommande souvent de vérifier l’origine du financement d’une recherche. C’est utile pour mieux cerner les éventuels enjeux liés aux résultats rapportés. Dans ce cas précis, la Commission des Noix de Californie (California Walnut Commission) a assuré le financement. Pourtant, il serait exagéré de conclure que cela discrédite d’office l’intérêt des données recueillies, mais l’information mérite d’être signalée.

Il vaut la peine de rester attentif lorsqu’on lit les conclusions émises par une organisation liée à l’industrie sur laquelle porte l’étude. Ajoutons que cette même institution avait déjà participé au financement d’un autre travail sur la noix, publié dans le British Medical Journal en 2015. L’objectif était déjà d’étudier l’effet de la consommation de noix sur la réduction du cholestérol dans le corps humain.

Pour mémoire, cette étude précédente répartissait aussi les participants en deux groupes, l’un incluant les noix, l’autre non. L’article scientifique révèle une baisse réelle du taux de cholestérol chez ceux qui en consommaient régulièrement (et il arrive que des familles adoptent cette routine sans même y penser !). Pour autant, les auteurs n’ont pas assez mis en avant un détail : le groupe “non-noix” a, lui aussi, vu son cholestérol baisser.

Autrement dit, les résultats ne sont pas aussi tranchés : il existe peu de différence notable entre les deux groupes sous l’angle du cholestérol. Ce constat – relevé par certains professionnels du secteur – passe facilement inaperçu lors d’une lecture rapide de l’étude.

Faut-il nécessairement manger plus de noix ?

Même si les recherches sur la consommation de noix méritent encore d’être approfondies, il y a tout de même de nombreux enseignements à en tirer. Sur une vingtaine d’études de qualité, il semble bien que la noix concoure à réduire le risque de troubles cardiovasculaires. L’explication principale ? Elle renferme des stérols végétaux, capables de capter le cholestérol dans l’organisme (et, d’après certains diététiciens, cela pourrait concerner également d’autres fruits à coque).

Côté teneur nutritionnelle, la noix se distingue par son apport en vitamines B, antioxydants, minéraux et fibres, mais également en acides gras oméga-3 et en protéines. Ce profil en fait un allié dans la prévention de plusieurs problèmes de santé liés à l’âge. Certaines études pointent aussi son rôle sur la régulation de la glycémie et sur certaines pathologies cardiaques.

La consommation de noix s’associe aussi, dans plusieurs publications récentes, à une moindre incidence de certains cancers. On relève souvent une crainte autour des calories qu’elle apporte : dans la pratique, les sujets n’ont pas systématiquement développé de surpoids au fil du temps – bien au contraire, un nombre non négligeable de participants a même perdu quelques kilos, parfois sans modifier le reste de leur mode de vie. Certains chercheurs avancent l’idée que cette perte pourrait tenir à la satiété induite par la richesse en graisses et protéines, d’autres supposent un ralentissement de l’absorption des lipides dans le corps.

Ceci dit, les résultats restent à considérer avec précaution : les biais d’interprétation et la sélection des participants pèsent sur la robustesse des conclusions. N’oublions pas que de nombreux volontaires n’ont finalement pas intégré l’expérimentation, ce qui aurait pu influer sur la pertinence des chiffres finaux. Mieux vaut garder à l’esprit que, même si la noix s’impose comme un aliment de choix dans un régime équilibré, l’idéal reste toujours de varier ses apports.

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