Accueil Santé Manger trop de viande transformée nuit gravement à la santé

Manger trop de viande transformée nuit gravement à la santé

par Mathieu Gabens

On remarque que la consommation de viande rouge gagne du terrain, alors que la plupart des consommateurs n’ont pas clairement conscience des effets parfois lourds sur la santé. Au fil des années, ce type d’aliment transformé apporte une forte dose de protéines, de graisses et de fer dietétique. Ces composés ont été associés à l’apparition de maladies diverses, qui peuvent écourter, parfois significativement, l’espérance de vie. D’ailleurs, certains nutritionnistes soulignent que l’impact du fer diététique reste souvent sous-estimé par le grand public. Il n’est pas rare d’entendre un sportif dire qu’il privilégie la viande rouge pour la récupération, sans se soucier des éventuels risques connexes.

Une étude relayée par l’American Journal of Clinical Nutrition illustre cette réalité. Menée auprès de près de 75 000 Suédois, elle invite les participants à s’exprimer sur leur fréquence de consommation de viande. Les données récoltées concernent la prise quotidienne de viande rouge (nature ou traitée) et le suivi du taux de mortalité entre 1998 et 2010. Un statisticien impliqué dans l’enquête rapportait que « la variété des régimes des participants offrait une vision assez large des comportements ». Il arrive encore aujourd’hui que certains cliniciens utilisent cette étude comme référence lors de conférences sur la nutrition préventive.

Durant cette période, plus de 22 % des participants, soit environ 16 500 personnes, sont décédés. Ce qui ressort principalement, c’est que les personnes consommant 100 g de viande quotidienne avaient une survie comparable à celle observée chez les végétariens. En revanche, au-delà de ce seuil, la mortalité augmentait nettement, surtout lorsque la portion de viande dépassait ce niveau de manière régulière. Est-ce vraiment un hasard ou un lien avéré avec le mode de vie ? Beaucoup de praticiens continuent de débattre sur l’effet cumulatif de la consommation intensive, même chez les sportifs amateurs.

Dernier point à noter, la consommation de viandes rouges transformées montre un risque bien plus marqué. Les produits les plus cités sont, sans ordre spécifique : saucisses, hot-dogs, jambon, charcuterie, lard ou pâté. À la lumière de l’analyse, les experts évoquent une réduction visible de l’espérance de vie chez ceux qui intègrent régulièrement ces produits dans leur alimentation. Une formatrice en nutrition avertissait récemment : « Les habitudes qui incluent la charcuterie dès l’enfance laissent une trace durable sur le métabolisme. » Cela n’étonne plus certains médecins qui voient apparaître des cas précoces de dyslipidémie.

Ces sujets se retrouvent exposés à un taux élevé de cholestérol, à des acides gras saturés et à certaines substances cancérigènes. Dans la majorité des cas, les études recensent des troubles comme des problèmes cardiovasculaires, des infarctus du myocarde ou des cardiopathies fatales, ainsi qu’un surrisque pour le cancer colorectal. Pour les viandes rouges classiques (porc, agneau, veau, bœuf), on constate fréquemment qu’elles n’influencent pas, ou peu, l’espérance de vie. Certains professionnels estiment toutefois que le contexte individuel et la fréquence de consommation jouent un rôle bien plus important qu’on ne le suppose généralement. Cela conduit beaucoup de personnes à se poser la question de leur propre équilibre alimentaire (c’est pas toujours evident d’y voir clair au quotidien).

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