Des études montrent que les œstrogènes jouent aussi un rôle dans la régulation de la graisse chez la femme. Longtemps, beaucoup se sont interrogées sur la facilité avec laquelle les femmes accumulent la graisse, parfois même davantage que les hommes, et ce, même lorsque leur apport calorique est inferieur. On remarque souvent ce phénomène dans les enquêtes comparatives.
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Les premières hypothèses sur le rôle des hormones de la femme dans sa prise de poids
Dans les recherches initiales, les scientifiques avançaient des pistes pour expliquer les différences de stockage graisseux. Plusieurs supposaient déjà que les hormones sexuelles féminines pouvaient y être impliquées. C’est en 2008 que ce rapport s’affine : une publication de l’Université de South Wale, relayée par certains professeurs en nutrition, confirme plus clairement ce lien.
L’équipe menée par le Professeur Anthony O’Sullivan met alors en avant le rôle de l’œstrogène dans l’accumulation des réserves graisseuses prévue pour la maternité. Cette hormone favoriserait le stockage énergétique dans l’organisme féminin. À titre d’exemple, celui-ci contient en moyenne 6 à 11 % de graisse en plus comparé au corps masculin. Certains travaux précisent que les œstrogènes limitent la capacité du corps féminin à brûler les calories, notamment après un repas. On peut supposer que cette adaptation aide l’organisme à faire face aux futures exigences de la maternité, une explication souvent soutenue par des spécialistes de l’endocrinologie.
La puberté et la première grossesse sont les moments où le taux d’œstrogène grimpe significativement. Il n’est pas rare de constater une prise de poids à ces étapes de vie. Selon l’étude d’O’Sullivan, cette évolution s’explique par la nécessité de préparer l’organisme à la fécondité, à la croissance du fœtus puis à l’allaitement. Cette réserve de graisse constituerait de fait une source d’énergie mobilisable tout au long de ces phases cruciales. D’ailleurs, une formatrice en diététique rappelait récemment que certaines femmes vivent ce changement de façon très concrète lors de leur première maternité, parfois sans même adapter fortement leur régime alimentaire.
Autre approche d’étude aux résultats similaires
Une autre série de travaux, publiés dans la revue Obesity Reviews (l’organe scientifique de l’Association Internationale pour l’étude de l’Obésité), s’est intéressée à la relation entre dérèglement hormonal et prise de poids féminine. Ces résultats laissent entendre que l’on devrait sans doute ajuster les conseils alimentaires prodigués aux femmes enceintes ainsi qu’aux sportives. De façon concrète, lorsqu’on raisonne simplement en termes d’équilibre énergétique, aucune explication ne justifie l’augmentation plus rapide des stocks graisseux chez la femme. Curieusement, l’apport calorique masculin, proportionnellement à la dépense, demeure plus élevé.
Certains professionnels observent même que, lors d’exercices physiques, les femmes semblent parfois mieux capables d’éliminer la graisse. Pourtant, cela ne suffit pas à expliquer pourquoi, au final, elles accumulent davantage de réserves graisseuses à d’autres moments de leur existence. On se demande alors : à quel point le cycle de vie influence-t-il cette capacité ? Il arrive d’ailleurs qu’une pratiquante régulière de sport s’étonne de prendre du poids à certains moments, malgré un mode de vie stable.
Selon l’auteur de cette étude, une hypothèse fréquente est que ce stockage sert de couverture énergétique lors des grandes étapes physiologiques féminines. Malgré cela, il reste important que d’autres recherches soient menées pour approfondir la place exacte des œstrogènes dans la gestion du tissu adipeux. Même si ces données apportent quelques éclaircissements sur les mécanismes féminins, elles ne dépassent pas toutes les zones d’ombre. Par exemple, il a été noté que l’action de l’œstrogène sur les acides gras post-prandiaux ne suffit pas, en pratique, à désigner systématiquement cette hormone comme responsable principale de l’obésité.
Autre point, O’Sullivan rappelle qu’une multitude de causes peuvent contribuer à l’obésité : la génétique, mais aussi le contexte de vie, jouent ici un rôle prépondérant. Certains nutritionnistes évoquent même que, face à deux femmes au profil identique, les réactions physiologiques vis-à-vis du stockage de graisse restent très variables (ce n’est pas toujours évident à anticiper !).
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.