Accueil Santé Remplacer les graisses saturées par des graisses polyinsaturées réduit le risque cardiovasculaire

Remplacer les graisses saturées par des graisses polyinsaturées réduit le risque cardiovasculaire

par Mathieu Gabens

Une étude réalisée par la Harvard School of Public Health indique que remplacer 5 % des calories issues d’aliments riches en acides gras saturés (comme le beurre ou la viande rouge) par des aliments contenant principalement de l’acide linoléique — la principale graisse polyinsaturée présente dans les huiles végétales, les noix ou encore les graines — permettrait de réduire le risque de maladie cardiovasculaire et d’accident cardiaque d’environ 9 %. Les personnes qui adoptent ce changement voient également leur risque de décès lié à un problème cardiovasculaire diminuer d’environ 13 %. En pratique, le fait de remplacer 5 % des calories provenant des glucides par l’acide linoleique est aussi associé à une baisse équivalente du risque de développer des maladies du cœur. Certains sportifs rapportent d’ailleurs avoir vu un impact sur leur vitalité en modifiant simplement la qualité des graisses dans leur alimentation.

Mais le sujet ne fait pas l’unanimité, et les débats autour du rôle des différentes familles de graisses dans l’apparition des maladies cardiovasculaires restent très vifs, souligne Frank Hu, auteur de l’étude et professeur de nutrition et d’épidémiologie à Harvard. Plusieurs essais cliniques randomisés montrent qu’échanger les acides gras saturés contre des graisses polyinsaturées permet de réduire le cholestérol HDL ainsi que le cholestérol total. D’ailleurs, une formatrice en diététique évoquait récemment qu’une méta-analyse regroupant différents travaux concluait également à des bénéfices réels de cette substitution, notamment pour la consommation de graisses qualifiées de “polyinsaturées” par rapport aux graisses saturées.

L’équipe de recherche a passé en revue, de façon très approfondie, une méta-analyse rassemblant des études prospectives auprès de groupes particulièrement divers. L’objectif – mieux comprendre le lien entre consommation d’acide linoléique et risque de maladies cardiovasculaires chez des personnes généralement en bonne santé. À ce propos, les chercheurs ont sélectionné 13 travaux (publiés ou non) portant au total sur 310 602 personnes et recensant 12 479 évènements cardiaques, parmi lesquels 5 882 décès dus à une maladie cardiovasculaire. Est-ce que la taille de l’échantillon garantit une certitude absolue ? Rien n’est moins sûr, mais de nombreux spécialistes estiment que cela offre une photographie plutôt solide.

Concrètement, les données montrent que consommer des aliments riches en acide linoléique est associé de manière inverse au risque d’accident cardiovasculaire, dans une relation dite de rapportréponse. Pour ceux dont l’apport alimentaire est le plus bas, la diminution atteint entre 15 et 20 % pour le risque d’accident cardiovasculaire et 21 % concernant le risque de décès lié à un incident vasculaire. Pourtant, ces effets ne s’expliquent pas seulement par certains facteurs dits classiques, comme le tabagisme ou l’apport en fibres (ce qui pousse un cardiologue à rappeler que d’autres paramètres restent à explorer).

Pour finir, ce travail confirme l’intérêt de privilégier les huiles végétales liquides à la place du lard, du beurre ou encore des acides gras des viandes rouges lors de la préparation des repas du quotidien. Même si la recherche ne s’est pas penchée longuement sur le sujet, les experts insistent sur la nécessité d’éviter les huiles partiellement hydrogénées. Il se trouve que ces graisses transformées se retrouvent fréquemment dans les aliments industriels, et les études mettent en avant leur implication dans le risque de maladie cardiovasculaire par l’augmentation du cholestérol LDL (“le mauvais”) et la baisse du HDL (“le bon”). Un détail souvent mentionné lors des formations en nutrition sportive, car il n’est pas toujours evident de repérer ces huiles lors de vos courses.

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