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L’exercice physique réduit l’appétit selon les chercheurs

par Mathieu Gabens

Des chercheurs de l’Université de Loughborough, lors de leurs travaux, ont mis en lumière plusieurs théories intrigantes. Selon l’une d’elles, pratiquer une activité physique entraine une diminution des calories dans l’organisme. Cela aide donc à limiter l’apport quotidien en calories. En gérant ce point, on préserve plus facilement sa santé globale (une nutritionniste rappelait récemment combien le facteur régularité compte).

Sommaire

Exercice physique et restriction alimentaire

Le Dr David Stensel et son équipe ont étudié la façon dont certaines hormones réagissent lors de privations caloriques. Ils se sont particulièrement concentrés sur celles impliquées dans les mécanismes psychologiques et comportementaux liés à l’alimentation. À travers ces analyses, ils ont cherché à mieux saisir la réponse hormonale de femmes confrontées à une restriction calorique. L’expérience a consisté en une période de 9 heures incluant des activités physiques ou une limitation alimentaire.

Lorsqu’une baisse des apports caloriques a été provoquée par la réduction de nourriture, les participantes ont présenté une élévation marquée de l’hormone associée à la faim, la ghréline. À l’inverse, les taux de peptide YY, hormone réputée jouer un rôle dans la sensation de satiété, ont chuté de manière significative. Curieusement, certains participants rapportent avoir mangé à peine le tiers d’un repas lors de cette phase (un coach sportif mentionnait que l’effet peut dépendre du vécu alimentaire initial).

Un autre point à relever : quand le même déficit énergétique était créé par l’exercice physique, le corps semble puiser différemment dans ses réserves. Les volontaires ingéraient environ 944 calories après la phase de restriction par l’alimentation, contre 660 calories après l’activité (ces chiffres sont à considérer comme des moyennes sur l’ensemble du groupe test).

Ce résultat interroge, car il va à contre-courant des études précédentes montrant que l’entraînement encourage souvent à manger davantage, une tendance relevée surtout chez les femmes. Pourtant, dans cette étude précise, la réponse hormonale à l’exercice – qu’il s’agisse de la ghréline ou du peptide YY – paraissait assez similaire chez les femmes et les hommes. Un nutritionniste remarque toutefois qu’il existe d’importantes variations individuelles.

Les réactions liées à l’appétit

Outre ces observations, le Dr Stensel affirme que leurs données viennent éclairer les débats autour de la perte de poids et leur lien avec la pratique sportive. Les implications concernent d’ailleurs tout autant l’univers du sport. Autre point : les auteurs ont pu démontrer que l’activité ne semble pas majorer l’envie de manger, et n’accroît pas la quantité consommée lors des repas suivants (et c’est parfois contre-intuitif). Une petite digression, mais certains sportifs racontent justement ne pas ressentir plus d’appétit après une séance matinale intense. Selon le chercheur, la durée même de l’expérience aurait joué un rôle central dans ces variations.

Commentaires des résultats

L’ensemble des résultats vient enrichir les enseignements obtenus sur d’éventuelles différences entre les femmes et les hommes concernant la gestion de l’appétit. Plusieurs observateurs notent que, même si l’on parle de tendances moyennes, il subsiste de fortes disparités selon les individus.

En pratique, dans la première phase de l’étude, la réduction des apports énergétiques s’est faite soit par un protocole alimentaire, soit via l’activité physique. Le recours à un tapis de course pendant 90 minutes a servi de modèle pour l’effort. Il faut signaler que l’évaluation de l’appétit s’est faite sur une période de 9 heures environ, sur le même groupe de participantes pour les deux modalités (un médecin précisait que les conditions réelles de vie auraient pu nuancer les observations).

La deuxième phase s’est attachée à explorer plus finement la perception de l’appétit. Cette seconde étape a pris en compte certains marqueurs hormonaux impliqués dans l’envie de manger, mais aussi les réactions concernant la consommation alimentaire des hommes et des femmes après un effort. Finalement, l’exercice physique semble apparaître comme un facteur qui module – parfois en silence – l’équilibre alimentaire au quotidien. Est-ce vraiment universel ? On peut supposer que cela varie fortement selon le contexte.

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