Accueil Santé Intensité vs. Durée : Pourquoi l’intensité de l’exercice est cruciale

Intensité vs. Durée : Pourquoi l’intensité de l’exercice est cruciale

par Mathieu Gabens

Parmi les sports qui permettent de prévenir les risques cardiovasculaires et les attaques figurent la marche rapide et le jogging. Ces activités contribuent à diminuer nettement (jusqu’à la moitié selon certains spécialistes) les facteurs responsables de ces problèmes sanitaires. Toutefois, il serait erroné de penser que la durée prime : on remarque que les effets les plus significatifs dépendent surtout de l’effort fourni – autrement dit, de l’intensité durant l’exercice. Voilà ce que met en lumière une étude dont les conclusions sont publiées dans le British Medical Journal. Plusieurs experts en cardiologie en font régulièrement référence, même lors de séminaires spécialisés en sport santé.

Sommaire

L’expérience en question

Le risque élevé de développer des accidents cardiovasculaires est étroitement lié au syndrome metabolique. Ce terme rassemble plusieurs anomalies : des taux de glucose et de lipides supérieurs aux repères usuels, une tension trop marquée sur le plan artériel. À cela s’ajoutent une accumulation importante de masse grasse abdominale et, comme le rappellent certains endocrinologues, la résistance à l’insuline, aspect non négligeable dans le développement de la maladie.

D’après bon nombre d’observateurs, ce syndrome a sûrement des causes génétiques, mais son apparition semble fortement liée à l’alimentation et au manque d’exercice physique. Ce dernier point favorise l’inflammation chronique, il peut perturber la coagulation sanguine, d’après une formatrice spécialisée en diététique sportive.

L’analyse scientifique a porté sur près de 10 000 adultes d’origine danoise, âgés de 21 à 98 ans. Leur inclusion s’est étalée de 1991 à 1994, puis un suivi de plus d’une dizaine d’années a permis de recueillir les évolutions individuelles. D’ailleurs, il paraîtrait que certains participants s’en souviennent encore et continuent à recommander ce type de dépistage à leur entourage – ce qui témoigne de l’impact de cette étude longtemps après.

Les chercheurs ont évalué l’intensité de l’activité physique effectivement réalisée par chaque individu, puis les ont regroupés selon deux axes : l’intensité d’une part, la durée d’autre part. On peut se demander : une séance courte mais intense suffit-elle à protéger ?

Les observations faites

Pendant la première phase, l’attention s’est portée sur les personnes déjà affectées par le syndrome métabolique. Environ une femme sur cinq (soit 20,7 %) et un peu plus d’un homme sur quatre (27,3 % de l’effectif total) en montraient les symptômes lors de l’évaluation. Le lien entre cette fréquence et le niveau d’activité physique établit une corrélation forte, comme le soulignent certains spécialistes en médecine préventive.

Les résultats, ventilés selon le sexe, sont tout aussi parlants. Chez les femmes, un tiers de celles qui menaient un mode de vie très sédentaire avaient développé le syndrome. À titre de comparaison, seulement une femme sur dix présentait ce trouble parmi celles dont le rythme d’activités physiques était soutenu. Pour les hommes, la tendance était similaire : près de 37 % des sédentaires contre environ 14 % parmi les plus actifs en souffraient. Certains coachs sportifs auraient tendance à insister sur cette différence lors de leurs accompagnements personnalisés.

Par la suite, l’étude s’est focalisée sur les 6 088 sujets restants, ceux qui n’étaient pas initialement touchés par le syndrome métabolique. Sur ce groupe, 3 992 ont été impliqués dans la quatrième et ultime évaluation. On constate que 585 individus, soit 15,4 % du panel, ont vu apparaître le syndrome au fil des années. Cette progression fait dire à certains spécialistes (notamment en santé publique) qu’il s’agit d’une vraie question de société.

La sédentarité ressort comme facteur déterminant parmi ces derniers. En pratique, près d’une personne sur cinq (19,4 %) parmi celles qui ne bougeaient pas suffisamment en ont été atteintes. Du côté des plus actifs, le taux descend à un sur neuf, soit 11,8 %. Il n’est pas rare que, lors d’ateliers de prévention, les chiffres soient mis en avant pour sensibiliser et inciter à la mobilité quotidienne.

Ce qu’on retient des observations

Ce qui ressort nettement – et qui interpelle certains cardiologues encore aujourd’hui – c’est que l’intensité douce ou vive des exercices joue un rôle clé dans la diminution du risque de syndrome métabolique. Quand on tient compte des différents paramètres pouvant influencer les conclusions, la marche rapide fait figure de modèle : sa vitesse réduit le risque de 50 %, soit 10 % de plus que le jogging, selon l’analyse des résultats. Pourtant, une heure de marche à allure modérée chaque jour s’accompagne d’un bénéfice nettement moindre : certains témoignent que le simple fait de marcher longtemps sans intensité ne leur a pas apporté les effets espérés.

Ainsi, la synthèse des initiateurs de cette étude suggère que même si l’activité physique reste bénéfique pour diminuer le syndrome métabolique, le critère déterminant demeure l’intensité. C’est aussi pourquoi on recommande souvent de varier le rythme et d’intégrer des pics d’effort, plutôt que de miser uniquement sur la quantité de mouvements.

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