Beaucoup de personnes s’entraînent régulièrement sur un vélo elliptique, que ce soit à la maison ou en salle. Cette machine conçue pour limiter les impacts sur les articulations rencontre un franc succès. On la privilégie souvent pour garder la forme ou perdre du poids. Mais un débat scientifique subsiste autour de cet appareil : quelle est sa réelle valeur face à d’autres exercices plus intenses comme la course à pied ? Plusieurs études se sont penchées sur la question, espérant trancher entre spécialiste du mouvement… et utilisateurs convaincus.
La principale interrogation concernant les machines elliptiques vise à déterminer leur efficacité concrète. Pour tenter d’y voir clair, de nombreuses recherches ont été engagées dès 2005. L’Université de Scranton, par exemple, a réuni des volontaires pour comparer le tapis de course à l’elliptique, chacun devant pratiquer un exercice perçu comme « difficile ». Fait notable : les personnes s’exerçant sur le tapis affichaient un rythme cardiaque plus élevé et une dépense énergétique supérieure. Au final, cette expérience a montré que l’effort fourni sur tapis était jugé plus intense, parfois sans même que les participants en aient conscience. Une formatrice sportive notait justement que de nombreux pratiquants pensent “donner autant” sur toutes les machines, alors que ce n’est pas toujours le cas.
Un autre test a mobilisé une équipe de scientifiques de l’Université de l’Idaho. Cette fois, les volontaires alternaient entre trois appareils : tapis de course, vélo elliptique et vélo stationnaire. Résultat intéressant : peu importe le matériel, chaque participant a fourni sensiblement la même quantité d’énergie, et le rythme cardiaque restait semblable d’un essai à l’autre. Pourtant, lorsqu’on leur demandait leurs impressions après coup, beaucoup jugeaient l’elliptique plus accessible que les autres options (il arrive souvent qu’une personne en rééducation confirme cette sensation de facilité). Un professionnel du sport faisait d’ailleurs remarquer que la perception d’effort varie parfois autant que la réalité mesurée.
Malgré ces premiers résultats chiffrés, le débat restait ouvert. Plusieurs équipes scientifiques ont donc exploré une approche plus concrète – le vélo elliptique permet-il réellement d’atteindre les objectifs avancés par ses adeptes, comme améliorer sa forme ou perdre du poids durablement ? Sur ce point, seule une étude notable, publiée dans le Journal of Sport Medicine & Physical Fitness en Irlande, s’est concentrée sur ces résultats recherchés par le public. Les résultats ont intéressé tout le monde, mais le flou subsiste encore chez certains coachs.
L’étude irlandaise en question s’est appuyée sur un groupe de 24 femmes, soumises à un programme de 12 semaines. Celles-ci ont alterné vélo elliptique, tapis de course et machine à steps tout au long de leur parcours. Après trois mois, le constat est simple : chaque participante a vu sa silhouette s’affiner et a perdu approximativement le même nombre de kilos, quel que soit l’appareil utilisé. Autrement dit, en matière de perte de poids, aucune machine ne s’est imposée sur les autres. C’est une observation souvent partagée par les professionnels du secteur : tout dépend, au fond, de la rigueur de l’entraînement et non du choix du seul matériel.
À l’opposé, les recherches dirigées par Kathleen Knutzen, experte à l’Université Western Washington, offrent une lecture différente. Son équipe a équipé les pédales des vélos elliptiques de plaques de force, pour mieux mesurer les contraintes générées. En pratique, il s’est avéré que s’entraîner sur un elliptique revient plus ou moins à marcher – l’effort étant même deux à trois fois plus faible qu’en courant. Un détail qui a son importance, surtout pour les sportifs sortant de blessure (nombreux sont ceux qui témoignent apprécier ce “redémarrage” en douceur après une entorse ou une opération). Mais attention, comme le rappellent plusieurs experts rééducateurs, l’impact musculaire reste bien distinct de celui procuré par la course libre. Peut-on dire que le vélo elliptique remplace la course à pied ? Pas vraiment, d’après ces données.
Dernier point à noter, le vélo elliptique permet de solliciter le haut du corps grâce à ses poignées articulées. Même si la plupart des sportifs s’en servent surtout pour garder l’équilibre, on conseille souvent de vraiment activer les bras lors de la séance pour en tirer des bénéfices supplémentaires. D’ailleurs, des chercheurs de l’Université Barry en Floride expliquaient récemment qu’alterner le travail des membres supérieurs avec le reste du corps allonge la durée de l’activité et augmente subtilement son intensité. Peu d’utilisateurs y pensent spontanément, alors que certains coachs insistent sur cette astuce lorsqu’on souhaite progresser.
Au regard de l’ensemble des études consultées, il vaut mieux retenir que le vélo elliptique reste un allié de choix pour entretenir sa santé. On constate souvent qu’il s’avère particulièrement pertinent pour développer, puis préserver, la mobilité nécessaire dans le quotidien. Cependant, si votre objectif va au-delà du maintien des mouvements fonctionnels – prise de masse, performance, explosivité, ou modelage précis – il est judicieux de diversifier vos pratiques. D’ailleurs, nombre de coachs sportifs recommandent d’intégrer à vos séances d’autres disciplines comme la marche, la course à pied ou le vélo traditionnel pour progresser de manière harmonieuse.
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.