En plus d’adopter le bio, l’approche la plus efficace pour préserver sa santé reste de diversifier son alimentation. Mais certaines personnes tendent parfois à ne jurer que par les marques biologiques, persuadées que cela aidera à brûler plus de calories. Un comportement assez répandu, qui peut soulever quelques questions : qu’en est-il réellement des effets d’une telle consommation ?
Lors d’un colloque scientifique à Anaheim, en Californie, le débat est revenu sur la table. Un groupe de chercheurs a livré un constat nuancé : le monde du bio ne cesse de susciter des controverses. Par exemple, certains affirment que ces produits contiendraient jusqu’à 40 % de calories en moins par rapport à des aliments classiques. C’est aussi pourquoi beaucoup hésitent, ne sachant plus à quels avis se fier. Une formatrice évoquait récemment la perplexité de ses élèves face à cette avalanche d’opinions contradictoires.
De son côté, le scientifique Brian Wansink note qu’un label biologique donne souvent l’image d’un aliment plus sain. Concrètement, de nombreuses croyances persistent autour d’un prétendu impact fort sur l’équilibre de l’organisme. Il arrive qu’un utilisateur en sport estime ressentir un véritable regain de forme après le passage au bio… même si rien n’est prouvé de façon universelle. Parmi les avantages attribués, le bien-être est régulièrement cité (et ce, même par des professionnels du domaine).
L’apport reconnu pour l’organisme concerne essentiellement les vitamines et l’énergie. Certaines personnes pensent qu’en consommer de grandes quantités garantirait une meilleure concentration de nutriments dans le sang – mais cette idée fait débat. Un expert en nutrition explique qu’il est préférable d’écouter ses besoins plutôt que d’opter pour la surconsommation, surtout si l’objectif est la croissance musculaire ou énergétique. (Après tout, qui n’a jamais entendu un sportif affirmer que manger bio change tout ?)
On remarque que la marque bio est régulièrement plébiscitée pour la richesse de ses substances nutritives essentielles. Pour nombre de consommateurs, elle symbolise l’absence de produits chimiques ou d’ingrédients jugés indésirables. Plusieurs avis la présentent comme plus pauvre en « graisses », mais l’étiquette ne fait pas tout : un diététicien rappelle que chaque produit doit être évalué pour ce qu’il apporte vraiment à l’organisme. Dernier point a noter : ces perceptions ont systématiquement été passées au crible par les chercheurs.
Les travaux de Brian Wansink distinguent alors deux groupes de personnes : il y a, d’un côté, ceux qui achètent des produits bio de façon régulière ; et d’un autre, certains préfèrent simplement s’en tenir à la lecture minutieuse des valeurs nutritionnelles sur les emballages. D’après l’intervention d’un expert rencontré en colloque, ce clivage existe aussi parmi les sportifs de haut niveau. D’ailleurs, qui ne s’est jamais demandé s’il fallait vraiment faire confiance uniquement à un label ?
À retenir : privilégier les produits bio n’est qu’un aspect du tableau. Il y a tout intérêt à instaurer des habitudes alimentaires variées et équilibrées, sans tomber dans l’excès ou l’automatisme. Selon les présentations faites lors de ce congrès, mieux vaut évaluer correctement la teneur en calories de chaque aliment. De nombreux nutritionnistes recommandent d’introduire petit à petit des produits naturellement riches en énergie, pour soutenir les besoins propres à tout pratiquant.
Naturopathe de formation depuis 2011, je me suis spécialisé dans le suivi des athlètes sportifs pour les aider à atteindre leurs objectifs sportifs. Diplômé de l’EESNQ, je propose sur BodyScience une approche ludique du sport et de la nutrition.